Le bilan « qu’on forme » est-il sincère ?

5 février 2008

Bilan conforme et sincere

L’année 2007 s’est terminée. Cela offre souvent quelques thèmes de réflexion, en souvenir de l’année précédente et utiles pour l’année qui se présente. Avez-vous remarqué que la fin d’année est souvent propice au recul sur les choses.

Il y a ceux qui sentent la pluie et d’autres qui se contentent d’être mouillés. Les uns portent un regard sur les mois écoulés et d’autres portent aussi un regard sur les mois à venir.
Les mois passés furent actifs, agités, trépidants et laborieux parfois. A en comprendre les enquêtes réalisées, le moral des dirigeants de PME et TPE était au balcon au printemps et au tison à l’automne. Les changements ne se produisent pas en un jour, ils découlent autant des personnes que des structures. Les unes comme les autres résistent à se transformer sur commande, le changement ce n’est pas un comme un interrupteur.

Et pour ma part, qu’ai-je appris en 2007 ? 


Personnellement, une confirmation, l’énergie du changement est intérieure. Si je ne suis pas en mesure d’écouter mes interlocuteurs avec patience, d’avoir davantage de courage, d’apprendre, de reconnaître mes torts, de réviser mes façons de penser, d’évoluer et progresser personnellement, il est vain d’escompter que mon environnement se transforme comme par magie.
C’est ma propre transformation qui donne le la. Sans cette évolution individuelle, rien ne se transformera de façon caractéristique autour de moi.
Personne n’est juste et objectif sur sa prédisposition à changer. Qui d’entre nous pense de lui-même : « Je suis fermé, rigide et résistant à la nouveauté. ». Bien au contraire, nous nous pensons souples et plutôt adaptables.

La véritable mesure de notre disposition à évoluer ne demeure pas dans nos opinions personnelles sur la question, mais plutôt dans ce que notre entourage pense.

Si nos collaborateurs disent: de nous « Il est buté, il n’admet que ses idées » ou encore «sans ses marques traditionnelles, il est paumé», nous avons là de l’information sur les progrès qu’il nous reste à faire.
En revanche, si l’on dit de nous :« Il admet de changer d’avis, il écoute les remarques négatives sans se vexer », et « il écoute, il est toujours prêt à apprendre et à se remettre en question », alors nous sommes probablement sur la bonne route.

Certains supposent s’en sortir en prônant sans cesse le changement. Mais de qui parlent-ils ? De leur comportement ou de celui des autres ?
Observons la situation d’un peu plus près et posons là en perspective : habituellement, ils n’aiment pas se changer eux-mêmes, ils préfèrent provoquer les changements chez les autres. En ce qui les regarde, ils entretiennent continuellement la même note : mener la danse. Pour ces personnes, un authentique changement consisterait, par exemple, à accompagner les évolutions qu’elles ont professées.

Enfin, lorsque l’on se retrouve devant son miroir, peut-on se dire honnêtement: « par rapport à la personne que j’étais il y a un an, je me suis amélioré »?
Le mois de janvier est maintenant écoulé et avant de vous proposer quelques citations, une question me vient à l’esprit. Dans nos entreprises, où en sommes nous de nos ambitions, nos objectifs et nos résolutions prises… le mois dernier ?

Pour conclure ce billet et « penser le changement », trois citations me viennent à l’esprit.


La « Loi de Shoshin » est remise à tout judoka passant sa première ceinture. Elle tient dans ces quelques mots : « Tant que nous sommes ignorants, nous sommes souvent prêts à apprendre et à écouter les autres. Mais quand nous avons atteint un certain niveau nous oublions souvent cette attitude sincère. Le progrès cesse à ce moment là. »


La seconde de Philippe Bernoux : « On ne change pas une entreprise par décret. »


Pour terminer, je songe à la malice de Coluche qui disait : « C’est pas parce qu’ils sont nombreux à se tromper qu’ils ont raison ».

Excellente et superbe année 2008.

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