L’attention, outil de communication relationnelle.

20 février 2008

tension foudroyante

L’attention est un outil de communication interpersonnelle à notre disposition.  

En communication, l’attention c’est  » faire attention « , c’ est « être en attention »,  se centrer sur l’autre et développer un esprit attentif. C’est l’action de fixer son esprit sur quelqu’un, sur sa communication verbale et non verbale.

Vous observerez que cette qualité personnelle ne s’apprend pas dans les livres. Elle se développe comme un exercice de concentration personnelle orientée vers l’autre.  
En quoi est-ce un outil intéressant ? 
C’est un outil intéressant dans le sens où cette attention nous permet de percevoir et réfléchir à la situation de communication dans laquelle nous nous  trouvons sur différentes perspectives :    
– Environnement : espace vital, distance avec les autres, appropriation de l’espace.
   
– Présentation : tenue vestimentaire, style.
   
– Caractéristiques physiques, visage, corpulence, taille.
   
– Posture : raide ou souple, immobile ou agitée.
 
– Gestes : mouvements du corps (mains, bras, tête, corps), gestes inopportuns.
– Expression du visage : mimiques, sourire, grimace.
– Voix, intonation, mots employés.    
– Aspects sociaux : appartenance à un groupe social, statut, rôle.

– Aspects culturels : adaptation aux différentes cultures.   
– …

Sur le plan non verbal, cette attention nous permet de repérer les comportements incongruents produits par nos interlocuteurs.

Par exemple, il est fréquent de voir des personnes en saluer d’autres sans les regarder, la poignée de main s’effectuant sur le bout des doigts avec un trousseau de clés en main.

Vous entendez un vague « Bonjour ça va ? » sans l’attente de la réponse de leur interlocuteur. 

A l’inverse, vous pouvez aussi rencontrer d’autres personnes écrasant la main de leur interlocuteur tout en les regardant droit dans les yeux mais inattentives à leurs questions. Vous comprendrez donc facilement, dans ces deux exemples, que ces personnes sont centrées sur elles-mêmes.

Savez-vous qu’aujourd’hui des formations sont dispensées aux cadres pour leur apprendre à saluer… leurs collaborateurs. Anciens étudiants, vous vous rappellerez quelques souvenirs en la matière.

J’ai aussi le souvenir d’une discussion avec un cadre commercial dirigeant sur le problème qu’il rencontrait avec son assistante. Celle-ci lui reprochait son absence de courtoisie dans la relation professionnelle par le manque de « s’il vous plaît » et de « merci »…. comme un manque d’attention. 

Continuons de prêter attention. Avez-vous remarqué qu’il est assez fréquent d’entendre une personne exprimer son accord verbalement tout en faisant « non » de la tête. 

Cela dit, attention, les contextes changent et un comportement ne produira pas forcément les mêmes résultats, même si l’interlocuteur est le même.

3 commentaires pour “L’attention, outil de communication relationnelle.”

  1. #1 Bou mansour
    12 mai 2008 à 8:32

    Bonjour
    votre sujet est tres interessant surtout au niveau de la vie quotidienne.
    j’aimerais en perspective, que vous nous parliez qu’est ce que vous pensez de l’attention et son importance mais dans la vie des étudiants en classe. l’attention et la concentrtion en classe sont une question fondamentale pour beaucoup d’étudiants qui l’ont comme obstacle à l’apprentissage. Ils sont timides parfois ou ils n’ont pas le courage d’en parler. leur entourage considère qu’ils ne travaillent pas assez ou tout simplement qu’ils ne sont pas intelligents.
    est ce que vous pouvez nous parler de l’attention des élèves en classe? qu’est ce que vous proposez comme outils de solution ?
    j’aimerais que vous me répondiez sur mon blog qui traite la même question !!
    En attendant votre réponse !!!
    cordialement

  2. #2 JMS
    20 mai 2008 à 18:21

    Bonjour et merci pour votre attention.
    L’article que j’ai posté concerne l’attention portée par les personnes que nous rencontrons dans le milieu professionnel. Il ne porte pas sur la capacité d’attention de chacun, bien qu’il doit y avoir une relation.
    Avant de commencer par les étudiants, je voudrais vous parler de l’importance de l’attention chez l’enfant, car c’est la clé de leur réussite future dans tous les apprentissages qu’ils rencontreront. Si vous observez un bébé ou un jeune enfant, il peut rester de longs moments à contempler un élément dans son environnement. Regardez un jeune enfant capté par la télévision, c’est à dire la succession d’images et de sons qui lui sont proposés. Si vous observez encore un peu plus loin, l’enfant en question est aussi tout à fait capable de suivre, voire de répondre aux questions de la conversation que vous avez avec d’autres personnes. Donc la capacité d’attention de l’enfant existe et potentiellement peut se développer. L’attention portée par un enfant est de plusieurs minutes. Qu’en est-il des étudiants.
    En ce qui concerne les étudiants, j’ai observé que leur capacité d’attention est proportionnelle à l’intérêt qu’ils portent sur le sujet (dans les deux sens du terme). Accompagner un cours ou un TD de nombreux exemples situationnels, de mise en situation et de simulation en rapport avec leur contexte existant renforce leur attention. J’ai également observé que l’intérêt (et donc son attention) porté par un étudiant est proportionnel à l’intérêt (points, coefficient) qu’il obtiendra potentiellement. Enfin, j’ai également observé que l’attention portée par un étudiant est proportionnelle à la concentration qu’il aura « dû » développer dans le cours précédent et le moment de la journée concerné.
    Nos grands parents avaient, parait-il, une capacité d’attention bien supérieure à la notre. Il semblerait, aujourd’hui, que cette capacité est réduite au temps d’un flash publicitaire !
    Pour finir, je dirais que l’attention est à l’étudiant ce que les ailes sont au papillon.

  3. #3 Laurent
    31 août 2008 à 6:41

    Bonjour,

    Je travaille exclusivement avec les candidates et candidats à l’échec scolaire. Je ne suis pas du « milieu » enseignant. Je me laisse guider par mes élèves. Depuis 2 ans, ils ont 100 % de réussite au bac et au brevet : ce n’est pas « ma » réussite, mais la leur.

    J’en tire quelques leçons :

    1/ Contrairement aux idées reçues, ils n’ont pas de « trous » dans leur savoir. Le savoir ils l’ont. Mais il n’est pas « rangé » au bon endroit. Un wagon n’a d’intér^et qu’accroché à un train; sinon il est plus encombrant qu’autre chose.

    2/ L’apprentissage est arborescent. On ne peut posséder une notion nouvelle que dans la mesure où on sait l’accrocher à un existant. SI brutalement le cours se déroule en indi ou en tchèque, les étudiants n’apprendront rien : on a sauté des étapes; le cours est déconnecté de ce qu’ils savent déjà. Toute nouvelle notion ACQUISE est un rameau : il a une origine, la branche qui le produit.

    3/ Descartes et ses contempteurs se sont lourdement trompés : l’émotion, le sentiment, la poésie, l’image font partie du savoir. Un grand écrivain participe à la représentation du monde au meme titre qu’un mathématicien ou un physicien. La mémorisation durable fait appel à la combinaison de plusieurs sens : visuel, odorat, toucher, etc…Il parait que la mémoire des odeurs est la plus forte; mais c’est aussi celle qui manque le plus de vocabulaire.

    4) Le r^eve est une composante importante de l’acquisition des savoirs. C’est à peu près certain pour le reve nocturne; c’est en cours de consolildation pour le reve diurne. Dans le meme esprit, la pause favorise considérablement l’apprentissage. Beaucoup de mes élèves reviennent beaucoup plus forts après 15 jours de vacances : leur cerveau s’est interconnecté pendant les vacances.

    5) Pour prendre une image, le SOI se compose de trois niveaux concentriques : le SOI pur au centre; le DÉFICIT DE SOI, autour; l’AUTRE en périphérie. Le déficit de soi fait barrage à l’autre, c’est à dire à l’attention…aux autres. Je ne rentre pas dans le détail parce que je ne serai pas assez exhaustif, mais le DÉFICIT DE SOI est la racine de l’échec de soi. L’une des raisons fondamentales est le manque d’amour dans les premières années du développement.

    6) Il ne peut y avoir de communication que si le plus fort se met au niveau du plus faible. Je voudrais prendre un exemple personnel. D’anciens voisins avaient une fille de quelques mois absolument insupportable : elle faisait colère sur colère. En conséquence ils n’osaient plus sortir, ne sachant à qui la confier. J’ai fait le papy-sitter. Mais je me suis mis au niveau du bébé : sa seule forme de verbalisation était le hurlement. Je me suis donc mis à hurler en veillant à produire des séquences plus longues que la sienne. Que croyez-vous qu’il arriv^at ? Elle « comprit » que dans son expression de la violence il y avait plus fort qu’elle. Donc elle s’est tue. L’enseignement c’est pareil : il faut utiliser les mots verbaux et non verbaux de son interlocuteur ( c’est un peu le principe de la PNL : se mettre sur le meme canal).

    7) Les jeunes avec lesquels je travaille sont toutes et tous en état de blocage : une notion n’a pas été rattachée à l’existant; ils ne l’ont pas amalgamée. Comme la branche au milieu du ruisseau elle en ralentit le cours et bloque d’autres obstacles derrière elle. Faites sauter la branche et le jeune se libère. J’arrive maintenant plus d’une fois sur 3 à faire sauter la branche dès le premier contact. Si je les écoutais moins, j’aurai un meilleur taux de réussite.

    8/ Contrairement à de très nombreux pays environnants, il nous manque un outil fondamental dans l’apprentissage : le mind mapping (intelligent). EN 2 mots cela revient à dessiner dans l’espace non linéaire de la feuille, le squelette des mots qui fondent la nouvelle connaissance. La mémorisation est à la fois visuelle ( la forme de la carte) et lexicologique : les mots. La méthode a moins de 50 ans; nous ne sommes pas très en retard. Le mind mapping est une « appropriation forcée du savoir » avec ses propres mots.

    9/ Les chemins vers la vérité passent par les erreurs. C’est un refus très français que de refuser d’intégrer les erreurs dans les cours de tous niveaux. Dire que le ciel est bleu est une information isolée. Dire qu’il pourrait ^etre noir mais qu’il ne l’est pas, rouge mais qu’il ne l’est pas, vert mais qu’il ne l’est pas, etc…. c’est livrer l’information dans un écrin : c’est beaucoup plus comestible.

    10/ La notation est un acte manqué. Permettez moi un parallèle avec la natation. Je rends les notes du 25 mètres brasses de la semaine dernière : Jules 0 pointé ; il a coulé immédiatement; Jacques : 2 , il a fait moins d’un metre, avant de couler; Jérémie : 4 , il a fait 2 mètres avant de couler; etc….Laisser mes « nageurs » en l’état au motif que la notation a été rendue est moralement inacceptable. AU contraire, il faut revoir comment on fait pour avancer, notamment avec ceux qui coulent le plus vite. Et refaire le MEME test. Et le noter une seconde fois. Si on pousse le raisonnement plus loin, la « notation » devrait etre une matière d’enseignement comme une autre.

    11/ J’ai encore beaucoup à apprendre. Je suis en formation actuellement avec un enfant supposé « dyslexique ». Je pense qu’il se moque de moi pour une part; mais tant que je ne parlerai pas couramment « son » « dyslexique » il continuera. Cette semaine, provocation supreme, il a écrit, de son propre chef : 3+ 3 = 6; un trois était à l’envers et pas l’autre !

    cordialement
    laurent

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