2010, c’est divin pour une année de créativité pédagogique. Ca vous dit ?

9 mars 2010

 

Homme de Vitruve de Leonardo da Vinci

2010, c’est divin pour une année de créativité pédagogique. ça vous dit ?

 

Dans notre monde concurrentiel, les sollicitations se multiplient et partout la productivité impose « de faire plus avec moins », de faire du beurre avec de l’eau, même quand il n’y a pas d’eau.

 

Les actifs et débordés ont tendance à accélérer leur rythme et mènent cent tâches de front. Les préoccupés du travail bien fait et de la maîtrise des choses ralentissent et n’arrivent plus à décider ou à arbitrer. Dans les entreprises, le ton monte, accompagné de débordements et de stress émotionnels. Dans l’incertitude de l’avenir, le phénomène s’amplifie.

 

Le cœur a ses raisons que la raison ignore. En perspective, le cœur a ses raisons que la raison n’ignore pas.

Avez-vous remarqué que lorsque nous sommes en retard nous attrapons tous les feux rouges !

En fait nous portons notre attention sur ce qui nous gêne, ce qui nous est difficile.

Aussi, renouveler nos schémas mentaux, nos plans mentaux, par de nouveaux modes de pensée pour effectuer la transition nécessaire entre le monde d’hier et celui de demain appartient à chacun. 

C’est d’autant plus facile que l’Homme construit et réalise plus aisément ce qu’il a conçu avec son intelligence – au sens inter legere, faire des liens, des relations – et sa créativité.

 

Chacun est créatif. Nous trouverons bien une figure normative pour dire «  A son niveau ! ». Cela dit, prenons l’enfant, dont nous séquestrons profondément en nous les racines et observons le manifester sa créativité. Sans limite, elle s’arrête nette à la récrimination de son éducateur. En osant une rébellion par de nouvelles tentatives alors sa créativité reprend son rythme.

 

Prenons une figure parentale pédagogique et nous voyons alors la créativité de l’enfant s’exprimer sans limite.  Pour faire un saut dans le temps, à l’époque de la Grèce Antique, le pédagogue était l’esclave qui menait, au savoir, l’enfant de son maître. Cet enfant était conduit à l’Académie (lieu où se trouvait le tombeau du héros Académos) où Platon avait créé son école. C’était un lieu de mise en forme physique (gymnase) et de mise en forme de la pensée par le partage du savoir et de la culture.

 

Nous vivons des temps incertains et pour autant la période actuelle nous fournit de multiples opportunités d’être créatif.

Dans notre vie personnelle, nous nous y employons souvent tant pour préserver notre sécurité que pour innover ou explorer et tenter de nouveaux défis. Un bon moyen de réussir ces modifications consiste à progresser par petits ajustements plutôt que par grands chamboulements.

 

Dans notre vie professionnelle, de quoi avons-nous besoin ? Une dose d’enthousiasme et une bonne mesure d’énergie.

Nos aspirations profondes sont réellement les meilleures alliées de nos motifs à l’action (notre motivation) et de notre énergie.

De nouveau, observons un enfant pratiquer. Débordant de vitalité et de dynamisme il multiplie des idées par dizaines, suspendu à ses rêves, sans faillir. Quand une passion l’habite, il ne pense qu’à ça.

 

Et nous, de quoi avons-nous besoin aussi pour développer notre créativité ?

 

– De temps ! Est-ce le temps qui nous manque ou est-ce nous qui lui échappons. Se préserver des moments de solitude génère du ressourcement. Fatigué, stressé le cerveau a du mal à être créatif. Physiologiquement, les synapses des neurones réduisent leurs connexions entre elles. Le silence et le repos sont des moments privilégiés d’accès à l’intuition. Encore faut-il le décider.

 

– Sortir de son environnement habituel, répondre à l’appel du large et ainsi rencontrer d’autres façons de vivre, renouveler les idées et les échanges et se créer davantage d’ouverture, d’activités passionnantes ou d’expériences enthousiasmantes.

 

– Rire de ses souvenirs indigestes pour encore mieux les évacuer, tourner la page et rendre disponible son énergie à la re-création. Laisser parler ses rêves, reconstruire son optimisme en faisant ce qui nous plaît vraiment ou mettre un grand coup de collier sur un projet particulier.

 

– Rester (ou redevenir) humain en vérifiant simplement quelle priorité a pris le devant de la scène.    

 

Quand nous nous attardons sur une vraie priorité, la réalisation de nos rêves n’en pâtit pas. Dans les périodes de transition, le brouillard règne fréquemment sur le moyen terme et quand nous avançons, il se lève. Réaliser, en toute conscience, l’étape qui nous semble appropriée pour les 24 heures qui viennent, nous permet de repérer et d’apprécier les autres signes du lendemain. Ils nous renseignent sur l’étape à venir. Finalement, au pas du montagnard, le panorama de dégage et laisse découvrir l’horizon.

 

On enseigne bien les mathématiques et l’orthographe à l’école. Pourquoi n’apprendrait-on pas la créativité pédagogique ?

Pierre Gilles de Gennes* doit sourire de l’endroit où il se trouve !

Un an 10 20 s’offre à nous. Et si nous nous laissions aller à l’exprimer.

 

Bonne année créative, entreprise en bonne santé !

 

PierreGillesdeGennes

* Pierre Gilles de Gennes (1932-2007) est défini par l’Académie Nobel comme l’«Isaac Newton de notre temps».

Ainsi, en 1991, c’est seul qu’elle le récompense, du Prix Nobel de Physique, de 30 années de recherche et pour avoir découvert que des méthodes développées pour étudier des phénomènes d’ordre dans les systèmes simples peuvent être généralisées à des formes plus complexes de matière.

 

Pierre Gilles de Gennes s’est aussi intéressé à une variété de sujets allant du magnétisme et de la supraconductivité en passant par la matière molle et granulaire, les processus d’adhésion, les polymères, les cristaux liquides et le mouillage.

Les implications de ses travaux dans notre quotidien sont considérables car ceux-ci ont conduit à la fabrication des écrans plats (montres, calculettes, ordinateurs, téléviseurs…,) et ses travaux sur les polymères ont permis la mise au point de «superglues».

 

L’ingéniosité de Pierre-Gilles de Gennes s’est appliquée à rassembler dans une même équipe des personnes, tant  expérimentateurs que théoriciens, provenant de disciplines différentes tout en assurant habilement la cohésion entre eux afin de favoriser et développer les échanges.

 

Toujours tenté de comprendre l’ordre et le désordre tels qu’ils se présentent dans la nature, Pierre-Gilles de Gennes avait à cœur de partager son savoir et son expérience avec les plus jeunes. C’est ainsi qu’il explique, simplement, à partir d’un plat de spaghettis, les polymères ou encore un phénomène physique avec de la maïzena.

 

Il réfléchit aussi au rôle social du scientifique et à la façon de faire découvrir et d’enseigner les sciences.

A l’idée d’un lycéen, il rencontre des milliers d’étudiants dans plus de cent cinquante établissements.

Pour les enfants, il encourage les sorties et l’appel du large, pour mieux découvrir et connaître le monde et il préconise une éducation scientifique de base, fondée sur l’observation, l’expérimentation pratique, l’habileté manuelle et le bon sens pratique.

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