Imprévu vaut mieux que deux tu l’auras

24 avril 2010

 

Construire_la_stratégie_de_la_roulette_russe

 

« – Et vous comment prospérez-vous dans l’imprévu ?

– Nous avons une stratégie !

– En quoi consiste-t-elle ?

– Secret défense !

– Ah bon ! »

Avoir la même stratégie que ses concurrents, ce n’est pas avoir de stratégie. C’est imiter ses concurrents.Par définition la stratégie fait appel à l’anticipation. Or en période d’incertitude les repères sont brouillés car l’environnement est instable, perturbé et perturbant.

Il y a ceux qui sentent la pluie et ceux qui se contentent d’être mouillés.

Pour certains, la stratégie consiste à attendre que le mauvais temps passe dans l’espoir d’un avenir plus clément. Pourtant quand le sol s’effondre sous nos pieds, la meilleure stratégie est de se bouger rapidement. D’autre part, l’histoire nous indique que de grandes entreprises (Rockefeller, Hewlett Packard, Fedex) sont nées en temps de crise, c’est-à-dire dans un environnement incertain. La période de crise serait-elle donc aussi un bon moment pour risquer des ouvertures quand les incertitudes chancellent ou que les acquis se dispersent ?

« Il faut une stratégie ! »

Qu’est-ce que la stratégie ?

La définir comme un modèle de création de valeur originale déployé dans un environnement défini et pertinent, vous convient-il ?

Pour réaliser cette stratégie, l’entreprise a besoin de ressources qu’elle orientera à son avantage. A ce moment là, l’entrepreneur s’engage, négocie, arbitre des choix, des engagements et des évitements dans l’anticipation d’une évolution de son environnement lié à différents facteurs tels que la concurrence, la réglementation, la technologie …

Quand la fréquence, l’amplitude et l’agressivité des perturbations se développent alors il y a crise par la permanence de l’instabilité. Remettre en cause le modèle de création de valeur et systématiser l’imitation des autres dans un environnement défini fluctuant n’est pas une stratégie, c’est de la roulette russe.

Mettre en œuvre, dans un environnement instable, des modèles construits sur la stabilité, c’est encore de la roulette russe.

Construire des scénarios pour échapper à la crise, c’est faire une représentation simplifiée de situations complexes, c’est définir des futurs préconçus.

Reste la Richesse Humaine avec sa recherche de liberté de mouvement et son agilité pour maintenir ou développer la compétitivité. Encore faut-il  vouloir parier dessus, parce que la turbulence peut potentiellement dépasser la vitesse d’adaptation de la RH. L’avantage concurrentiel de l’entreprise et le dépassement d’une situation de crise passe par le rayonnement des savoirs et savoir-faire de chacun et par le savoir-être et le faire-savoir.

Des questions ?

Bien sûr des questions nous en avons et nous nous les posons, à défaut de se les entendre poser…

Notre entreprise est-elle suffisamment agile, adaptable, flexible, résiliente et pédagogue pour dépasser les incertitudes que présentent les turbulences de l’environnement ? Comment pouvons-nous surfer sur le courant tumultueux des évènements. Quels sont les risques, la tolérance et les compromis possibles ?

Parce qu’ils ne savaient pas que c’était impossible, ils l’ont fait..

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