A l’actif : « des engagés » passifs

14 mai 2010

ActifsDésengagés

Malgré les ventes réalisées en 2009 et supérieures à Boeing, l’enquête Gallup réalisée pour Airbus en 2009 fait ressortir que sur 33419 salariés interrogés : 9% de ceux-ci se déclarent « engagés » pour leur entreprise et 91% « non-engagés » .Un tiers d’entre – eux se déclarent « activement désengagés ». En tête des explications arrive la perte de confiance dans le management ! Quelles sont les notes les plus basses :– « Je suis satisfait de la rapidité avec laquelle les décisions sont prises dans mon entreprise ».

– « la communication est ouverte à tous les niveaux de l’entreprise »

– « la direction dispose toujours d’un plan clairement établi pour exécuter rapidement les décisions prises »

L’enquête menée sur les initiatives, les innovations, le développement professionnel et les signes de reconnaissance obtiennent des scores similaires.

« N’oubliez pas Monseigneur, si vous voulez manger du pain, encore faut-il vous le faire venir.» Mazarin à Louis XIV enfant

« Des espoirs » : des salariés attachés à la qualité de leur travail et soucieux de leurs clients.

Selon Alma Consulting Group en 2009, l’absentéisme en France s’élève à 4,85% contre 3,69% en 2007 soit une moyenne de 18 jours par an et par salarié. Accompagnée par une baisse de motivation (de motifs à l’action) la productivité et/ou la qualité s’en ressentira.

Qu’indiquait l’enquête Gallup Ifop de décembre 2002 ?6% des français engagés envers leur entreprise (15% en Allemagne, 20% en Israël).

68% des français non engagés envers leur entreprise (69% en Allemagne, 65% en Israël)

26% des français activement désengagés envers leur entreprise (16% en Allemagne, 15% en Israël).

L’enquête de 2002 montre que les salariés français reprochent principalement à leur entreprise, un manque de reconnaissance positive vis-à-vis du travail accompli dans le cadre de leurs fonctions.

Dans telle autre entreprise, le manque de tact a aussi ses répercussions démotivantes. Les dépassements horaires spontanés (et donc non rémunérés) se voient renforcés par l’imposition souveraine d’une forte diminution des jours d’ARTT.

Il semble que l’ombre de la bureaucratie passe par là. Minzberg, prix Nobel qui a passé sa vie à étudier les organisations, indiquerait qu’avec des équipes matures professionnellement et impliquées, le système bureaucratique ne marche pas. Préférer un système d’ajustement mutuel dans un cadre de souplesse donné et réunir les équipes dans l’intelligence (au sens inter legere faire des liens et des relations) permet de développer l’initiative, l’efficience et la valeur ajoutée. L’organisation (entendez l’entreprise) peut ainsi s’ajuster avec la proximité du terrain réduisant l’emploi précaire et inapproprié de contrats hebdomadaires. Préférer l’ajustement mutuel à la mutation interne délibérée, d’une expertise d’un domaine à l’expertise d’un autre domaine car même avec une formation d’un mois, un carrossier n’est pas un électricien, un dentiste n’est pas kiné…

Recette : Pour réussir les changements, préférer les petits changements aux grands, les disséminer dans l’entreprise et corriger les erreurs. Préférer la méthode BSP (Bon Sens Paysan), le ras des pâquerettes, c’est là qu’on fait du lait !

Dans telle autre entreprise, la place est donnée aux « jeunes cadres dynamiques » plutôt qu’aux « vieux tableaux ». Soit ! Qu’est-ce que le risque ? Outre le développement de ruptures conventionnelles, l’entreprise risque de payer les départs des savoirs et de l’expérience non transmise une seconde fois. Les nouvelles montures, inconsciemment démunies, (c’est à dire ne sachant pas qu’elles ne savent pas) réinventeront les process expérimentés la décennie précédente et abandonnés par défaut de rentabilité par les « jeunes cadres dynamiques » de l’époque.

C’est hallucinant de voir se répéter les phénomènes rencontrés au début des années 1980.

Paradoxe d’entreprise ou comme disait la grand-mère : « L’expérience, c’est comme un cure-dent, il n’y a personne qui veut s’en servir après-vous.

Question : Y aurait-il une place pour développer le management andragogique dans l’entreprise ?

 

 

 

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