Comment taire ?

3 avril 2012

 

Raleur_Gabin_DeFunes

 

S’il existe un bon moyen d’être accablé et malheureux, c’est de laisser les événements dessiner sa vie et se mettre invariablement dans la position de râleur. Pourtant, existe la possibilité d’apporter de l’optimisme et de choisir entre alimenter le désordre ou encourager l’harmonie.

De l’utilité de la communication interpersonnelle pour perspectives.

Prenons quelques personnes autour de la machine à café ou à l’extérieur, au fumoir. C’est peut-être une généralisation hâtive, mais rapidement les propos tournent vers les « bruits de couloir de radio moquette », la critique du ou de la collègue, les manquements ou les préférences d’un chef….

Pourtant, là aussi existe le choix d’encourager l’harmonie ou d’alimenter le désordre. En même temps, pour certains la difficulté à négocier cette situation subsiste. Nous sommes là dans le « comment faire».

Comment faire son commentaire, sans râler ?

Les uns choisissent la stratégie de l’esquive et changent de sujet ou tout simplement quittent le groupe.

Est-ce avoir du courage de procéder comme si la personne concernée était là, présente, et de refuser ce type de propos en se donnant comme précepte d’exprimer des paroles qu’elle pourrait entendre, en exposant les faits, en étant en nuance tant sur le ton que sur les mots, en laissant les généralisations abusives et opinions toutes faites de côté. « C’est difficile à faire »  diront certains et en même temps, c’est une question d’entraînement.

En même temps râler, c’est bon pour le moral.

Alors, faites-vous partie des français pessimistes, qui se plaignent et se comparent sans cesse. L’enquête menée par Ipsos et Logica début février 2012 vient compléter les précédentes comme celle de Gallup Ifop  en 2002 (« salariés engagés » (6%), « salariés désengagés (68%) et « salariés activement désengagés » (26%)).

Râler est une attitude de communication interpersonnelle polluante, tant pour soi que pour les autres, et qui submerge l’individu « d’ondes négatives ». Cependant râler de temps en temps, à petites doses, fait du bien. Cela évite d’insulter ou de passer à l’acte. Pour certains c’est même une sorte de soupape signifiant ainsi à l’entourage que l’orage passe. Pour d’autres, cela leur permet d’éviter de ruminer et de ressasser les choses et de tomber dans un état anxiogène voire dépressif et finalement leur permettant de retrouver leur calme.

Par ailleurs, autour de la machine à café, râler permet aussi de se rapprocher des autres, de créer ou de resserrer des liens interpersonnels indispensables à notre fonctionnement d’humain. Cela permet aussi de développer une forme de cohésion de groupe dans le fait d’être en accord sur l’objet d’un désaccord. La sociologie connaît bien cette situation.

De plus râler collectivement peut aussi être l’expression symptomatique d’un écart, d’un dysfonctionnement et cela permet parfois d’être mieux entendu pour construire une action corrective. Pour quelques-uns, c’est aussi l’occasion de se différencier ou de se distancier du véritable objet en trouvant un « bouc émissaire ».

La période électorale et économique n’est peut-être pas favorable à l’alternative. Des vents, des courants contraires et des personnes mal lunées, il y en aura toujours.

On ne va pas refaire le monde, on peut le parfaire et choisir une attitude active et une initiative positive met en perspective les choses et peut les améliorer.

A force de tomber la goutte d’eau creuse le roc.

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